Colloque Religions et classes sociales (programme)

programme AFSRLe réseau « Sociologie et religions » s’associe au réseau thématique « Classes, inégalités, fragmentations » de l’AFS et à l’AFSR pour l’organisation du colloque international « Religions et classes sociales« , qui se tiendra les 5 et 6 février à Paris, .

Journée 1 – 5 février 2018

9h – 9h15. Mot d’accueil, par le comité d’organisation :
Anthony Favier, Yannick Fer, Juliette Galonnier et Ana Perrin-Heredia

9h15 – 10h. Session 1 : Introduction
Discutant : Yannick Fer (chargé de recherche CNRS, CMH, PSL)

Heinrich Schäfer (professeur de sociologie, Universität Bielefeld).
« Habitus Analysis: Religion and Class »

10h – 10h15. Pause

10h15 – 12h15 Session 2 : Religion populaire et appropriation de classe

Discutante : Elisabeth Claverie (directrice de recherche, GSPM, EHESS)

Maureen Burnot (docteure en anthropologie, ATER, Université Lumière Lyon 2, LADEC)
« « Les saints des pauvres » ? Représentations, caractéristiques et enjeux du catholicisme populaire en Argentine »

Samuel Dolbeau (étudiant en année de préparation doctorale en sociologie, Cesor, EHESS)
«Pieté populaire et catholicisme bourgeois : l’exemple de la Communauté de l’Emmanuel»

Bruna Ribeiro (doctorante en anthropologie, TRaM/IIAC, EHESS)
« Les pauvres, la pauvreté et l’église : transformations de la charité catholique en France »

12h15 – 14h30 Pause déjeuner et Assemblée générale de l’AFSR

14h30 – 16h30 Session 3 : Religions et distinctions de classe

Discutant : Mahamet Timera (professeur de sociologie, Paris 7, URMIS)

Julien Beaugé (maître de conférences en science politique, Université Picardie Jules Verne, CURAPP-ESS)
« Une lutte des classes déniée ? Matériaux lacunaires sur les fonctions sociales d’une pratique « authentique » de la religion chez de jeunes musulmanes pratiquantes»

Hicham Benaissa (doctorant en sociologie, GSRL, EPHE)
« L’entreprenariat musulman en France : l’idéologie d’une classe en ascension »

Drissa Kone (enseignant-chercheur en histoire, Université Félix Houphouët-Boigny)
« Être musulman à Cocody. L’expérience réussie de la Communauté musulmane de la Riviera (CMR) ? »

16h30 – 16h45 Pause

16h45 – 18h15 Session 4 : Coprésences religieuses et rapports de domination  Discutante : Anaïs Albert (maîtresse de conférences en histoire, Paris 7, ICT)

Stéphanie Maffre (PRAG à l’Espé Toulouse Midi-Pyrénées, UT2J, doctorante en histoire, EPHE, GSRL)
« Ambivalences religieuses et ambivalences de classes dans la construction d’un ordre social mazamétain (1851-2014) »

Detelina Tocheva (chargée de recherche CNRS, GSRL, PSL)
« La coexistence religieuse face aux inégalités sociales. Une enquête ethnographique en Bulgarie »

 

Journée 2 – 6 février 2018

9h – 10h30 Session 5 : Les espaces de l’entre-soi religieux
Discutante : Béatrice de Gasquet (maîtresse de conférences en sociologie, URMIS, Paris 7)

Lorraine Bozouls (doctorante en sociologie, OSC, Sciences Po et Urbeur, Milano-Bicocca)
« La religion catholique comme vecteur d’entre-soi chez les classes supérieures »

Lucine Endelstein (chargée de recherche CNRS, LISST, Université Toulouse Jean Jaurès)
« Des cités aux beaux quartiers. Conquête spirituelle et diffusion socio-spatiale du mouvement Loubavitch dans l’agglomération parisienne »

10h30 – 10h45 Pause

10h45 – 12h45 Session 6 : Qui « bricole » ?
Discutante : Juliette Galonnier (post-doctorante en sociologie, INED)

Véronique Altglas (Lecturer in Sociology, Queen’s University Belfast)
« Bricolages religieux et classes sociales : de l’exotisme de la petite bourgeoisie nouvelle au christianisme judaïsant des congrégations messianiques »

Géraldine Mossière (professeure agrégée en sociologie, Université de Montréal)
« Du souci de la guérison dans les religiosités contemporaines : discours et pratiques de réhabilitation et de légitimité sociales »

12h45 – 14h00 Pause déjeuner

 

14h – 15h30 Session 7 : Religions et mobilités
Discutant : Jules Naudet (chargé de recherche CNRS au CEIAS, EHESS)

Gabrielle Angey (post-doctorante en science politique, Universität Graz)
« Une sociologie des militants du mouvement Gülen : propriétés sociales et expériences différenciées d’une institution religieuse »

Christel Coton (maîtresse de conférences en sociologie, Paris 1, CESSP-CSE)
« Mobilité sociale, mobilité professionnelle et rapport à la religion en milieu officier »

15h45 – 16h Pause

16h – 17h15 Session 8 : Religions et rapports de classe
Discutant : Sébastien Fath (chargé de recherche CNRS, GSRL)

Edmond Mballa Elanga (enseignant- chercheur en sociologie, Université de Douala Cameroun – Coordinateur du REJAC)
« Religion et classe sociale en Afrique subsaharienne, l’exemple du Cameroun »

Thierry Maire (doctorant en sociologie, CMH, EHESS)
« Entre théologie de la prospérité et stratégie commerciale : les classes moyennes comme segment privilégié des églises néo-pentecôtistes au Guatemala »

17h15 – 18h Conclusion
Pierre Lassave (directeur de recherche émérite, Cesor)

 

Le programme complet, incluant les résumés des communications, peut être téléchargé ici.

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Sociologie et religions au congrès AFS 2017

afs2017Avec un peu de retard (et a posteriori), voici les titres et résumés des deux communications présentées lors de la session organisée par le réseau « Sociologie & religions » dans le cadre du dernier congrès de l’association française de sociologie (le 6 juillet à Amiens). La concomitance entre ce congrès et celui de la Société internationale de sociologie des religions (SISR) explique le nombre très limité de communications.

Session unique. « Faire autorité : sociologie du pouvoir en contexte religieux », jeudi 6 juillet, de 9h30 à 10h30 (animation : Claude Dargent).

Marion Maudet. « Du premier rapport sexuel au mariage : parcours sexuels et conjugaux de jeunes catholiques et musulman-e-s en France »

L’islam comme le catholicisme affirment l’ordre antithétique des sexes, en instituant l’existence de l’homme et de la femme comme deux êtres complémentaires, assignés à des rôles de genre asymétriques et dont la sexualité et la conjugalité sont réglementées et contrôlées. Cependant, si les textes religieux sont souvent très clairs sur ce qui est permis ou non en matière de sexualité, la connaissance et l’interprétation de ceux-ci par les fidèles elles et eux-mêmes est beaucoup plus variable.
À partir de l’utilisation de deux enquêtes quantitatives sur la sexualité (Contexte de la sexualité en France, INED, 2006) et la conjugalité (Enquête sur les parcours individuels et conjugaux, INED, 2013) et de la mobilisation d’un corpus de 37 entretiens menés auprès d’hommes et de femmes catholiques et musulman-e-s, interrogeant l’articulation entre leurs trajectoires religieuse, sexuelle et sociale, on montre dans une perspective comparative que le passage du premier rapport sexuel au mariage, même quand il est cerné de références religieuses plus ou moins maîtrisées, s’inscrit dans un ensemble plus large de relations sociales et de rapports de pouvoir.
Les différentes étapes du parcours entre le premier rapport sexuel et le mariage ne sont donc pas uniquement le fait d’un engagement religieux particulier mais le produit de cet engagement en articulation avec une situation sociale plus large, qui vient parfois interroger la place même de la religion : on insistera tout particulièrement sur la force des rapports de genre, qui viennent structurer les définitions et les pratiques des catholiques et des musulman-e-s en matière de sexualité, en insistant sur les variations observables selon le milieu social.

Martial Vildard. « Des accompagnateurs personnalisés pour «trouver son chemin dans la foi» »

En 2016, 3 982 adultes furent baptisés par l’Eglise catholique en France métropolitaine. Qui sont-ils et comment sont-ils devenus catholiques ? Par une étude approfondie du parcours d’initiation au baptême, nous avons tenté d’identifier les mécanismes assurant la bonne (trans)formation des candidats : parcours pré-socialisateur, rôle premier du personnel laïc et de la relation dite « d’accompagnement personnalisé », plasticité de l’offre de formation et dissimulation de l’action pédagogique. La conjugaison de ces éléments assure l’efficacité du dispositif. Mais au-delà de la seule étude de cas, l’ambition de cette présentation est de contribuer au champ des analyses des transformations de l’autorité, religieuse ou non, et des modes de régulation institutionnelle. Cette relation d’accompagnement personnalisé nous semble incarner un modèle de prise en charge des individus très présent dans nos sociétés, s’exprimant systématiquement dans les termes de l’horizontalité, de l’anti-autoritarisme et insistant sur la liberté du sujet. L’enquête démontre que la force socialisatrice de cette relation se loge précisément dans cette apparente non-directivité.

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Appel à communications « Religion et classes sociales »

Logo-AFSR« Religion et classes sociales »

Appel à communications, colloque de l’AFSR

Paris, 5-6 février 2018

 

Organisateurs :
Anthony FAVIER, docteur en histoire contemporaine (chercheur associé LARHRA)
Yannick FER, chargé de recherche CNRS (GSRL)
Juliette GALONNIER, docteure en sociologie (OSC/Sciences Po)
Ana PERRIN-HEREDIA, chargée de recherche CNRS (CURAPP-ESS)

Depuis la critique marxiste de la religion comme « opium du peuple » jusqu’aux réflexions de Pierre Bourdieu sur les fonctions sociales du religieux, sans oublier les liens établis par Max Weber entre religion, classe et statut, le rapport entre religion et classe a longtemps constitué un questionnement classique des sciences sociales. À la faveur des théories de la moyennisation et du déclin des sciences sociales d’inspiration marxiste, les interrogations sur le rôle de l’appartenance de classe sont toutefois peu à peu tombées en désuétude. L’accent mis sur les processus contemporains d’individualisation du religieux a pu faire oublier le poids des déterminants sociaux et laisser croire à une sorte d’autonomisation des expériences religieuses (ou « spirituelles ») vis-à-vis des structures sociales. Par ailleurs, l’intégration à l’analyse du religieux de nouvelles dimensions, notamment celles du genre, de la migration, ou de l’ethnicité ont fait passer au second plan la question des classes sociales. Sans remettre en cause l’apport évident des recherches recourant à d’autres catégories d’analyse du monde social, ni dénier l’influence décisive des dynamiques d’individualisation dans le domaine religieux, ce colloque propose de porter un nouveau regard sur les questions de classe, en revisitant les analyses classiques à la lumière des travaux actuels.

En dehors du champ des sciences sociales du religieux, la recherche sur les classes sociales est en effet en plein essor. Les nombreuses enquêtes empiriques, d’inspiration ethnographique pour l’essentiel, tout comme les vigoureux débats qu’occasionne la construction d’une statistique européenne ont invité à repenser les classes sociales. La focale s’est ainsi progressivement élargie de la scène professionnelle à l’ensemble des scènes sociales. Cette attention nouvelle portée aux styles de vie s’est en outre combinée à la prise en compte de leur inscription et de leur différenciation territoriales (et leurs effets sur la construction relationnelle des classes sociales à travers les phénomènes de ségrégation spatiale). Toutefois, les travaux portant sur les classes sociales (milieux ouvriers, grande bourgeoisie) tendent à passer sous silence leurs pratiques religieuses. Ce colloque est né de la conviction que le renouvellement des approches sur les classes sociales peut contribuer à améliorer notre compréhension des phénomènes religieux tout comme le religieux est susceptible de constituer une perspective heuristique dans l’analyse de la stratification sociale.
Le colloque se tiendra les 5 et 6 février 2018 à Paris et donnera lieu à une publication. Nous sollicitons des communications issues de toutes disciplines en sciences sociales, mobilisant des analyses aussi bien qualitatives que quantitatives, et analysant le religieux sous toutes ses formes. Nous veillerons à ce que la diversité des terrains religieux et des aires culturelles et géographiques soit représentée. Les communications pourront s’articuler autour de l’un des trois axes suivants :

Axe 1
Légitimation ou subversion : le rôle de la religion dans la reproduction ou le renversement des inégalités de classe

Les religions produisent des discours sur l’ordre établi et les structures sociales. Elles fournissent aux croyants des outils d’interprétation du monde, et notamment des inégalités. Historiquement, elles ont pu être mobilisées pour légitimer ces inégalités (théodicée du malheur pour les plus démunis ; théodicée du bonheur pour les mieux lotis) ou au contraire les subvertir (théologie de la libération). Comment les croyants retraduisent-ils leur position de classe en termes religieux ? Quel est le rôle du religieux dans les mobilisations sociales ? La religion, comme représentation symbolique de la réalité, peut-elle contribuer à la modifier ? On s’interrogera sur la façon dont le couple légitimation/subversion se reconfigure dans la pratique contemporaine du religieux. À cet égard, la question de l’éducation religieuse et de l’école comme instance de reproduction des hiérarchies sociales pourra être étudiée.

Axe 2
Les déterminants sociaux du religieux

Nous chercherons à savoir si les biens religieux se structurent par milieux sociaux. Max Weber avait identifié des affinités électives entre la position sociale des individus ou des groupes et leurs croyances. Les conditions matérielles d’existence continuent-elles de déterminer les préférences religieuses ? Dans cette optique, on pourra s’interroger sur la façon dont les réseaux de sociabilité, liés en grande partie au milieu social et à l’ancrage territorial, viennent structurer les options religieuses. Le thème de la mobilité sociale (ascendante ou descendante) pourra notamment être exploré : les changements de statut social ou résidentiel peuvent-ils influer sur les pratiques religieuses ? Le changement d’appartenance religieuse et l’incorporation de nouvelles normes éthiques peuvent-ils contribuer à des trajectoires d’ascension sociale, ou participer au contraire à des formes de déclassement ?
La question de la distinction est aussi centrale et on pourra s’interroger sur le rôle de l’appartenance religieuse comme marqueur de respectabilité et de prestige social, pour des individus avantagés ou désavantagés sur le plan matériel.
Les « styles » de congrégation ou de pratique religieuse pourront également être mis en lumière. Il s’agira de comprendre si les répertoires de prière, les sermons, la liturgie et la mise en scène religieuse se structurent selon le statut social (Sean McCloud, 2007). Dans la mesure où la plupart des travaux se concentrent sur la pratique religieuse populaire, on veillera à visibiliser également les pratiques des classes supérieures.
Enfin, on s’interrogera sur le rôle de l’appartenance de classe dans les reconfigurations contemporaines du religieux, en particulier sous l’angle du « bricolage » et des compétences distinctives qu’il mobilise : le « bricolage » religieux est-il l’apanage des classes supérieures ? Qui invente de nouvelles façons de vivre le religieux ? Et dans quelle mesure le rapport à l’altérité, qui inspire aujourd’hui un certain nombre d’appropriations personnelles de traditions religieuses « exotiques » (Véronique Altglas, 2014), est-il déterminé par la position sociale ?

Axe 3
Catégories et luttes de classement

Un dernier axe, de nature plus épistémologique, interrogera l’usage des représentations et des catégories, et notamment la notion de « religion populaire » (qui avait beaucoup marqué les débats scientifiques au cours des années 1960-1970) ou de « religion par le bas » (Guy Duboscq, Bernard Plongeron & Daniel Robert, 1979 ; Serge Bonnet, 2016). Dans quels contextes utilise-t-on ces notions ? Faut-il les comprendre en relation avec une religion bourgeoise, aristocratique, cléricale ou savante dont elles constitueraient le contrepoint ? Les milieux populaires ont ainsi été accusés de déformer les systèmes de croyances et les pratiques orthodoxes, de préférer le « merveilleux » et l’« émotionnel » au « rationnel », en un mot de transformer la religion en superstition ou folklore. Le christianisme rural et populaire a par exemple longtemps été analysé comme porteur d’éléments « païens » ou agraires mal assimilés. Par ailleurs, certaines religions, comme le pentecôtisme et dans une certaine mesure l’islam, sont principalement associées aux classes populaires et aux catégories sociales dominées. Ces représentations sont-elles toujours vérifiées empiriquement ? Traduisent-elles aussi des logiques de classement, fondées par exemple sur l’opposition implicite entre, d’une part, la maîtrise de soi et la raison revendiquées par les dominants, et de l’autre, l’émotion et l’enthousiasme des dominés ?
L’enjeu des hiérarchies de classe internes à chaque religion, ainsi que leurs effets sur la production du savoir religieux et la définition de l’orthodoxie, question fréquemment soulevée dans le cas du judaïsme par exemple (Béatrice de Gasquet, 2012), sera aussi à prendre en compte.
Enfin, la question du « fondamentalisme » (et plus récemment celle de la « radicalisation »), longtemps décrit comme le fait de classes populaires non éduquées (alors même que les données empiriques ne vont pas toujours dans ce sens, voir Susan Harding, 1991) pourra être abordée.

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à envoyer pour le 10 septembre 2017.
Doivent y figurer les nom et prénom de l’auteur, son institution de rattachement, son adresse e-mail, une courte notice biographique, le titre de la communication, l’axe de rattachement et un résumé d’une page précisant le contenu de la communication et les données mobilisées.
Elles sont à envoyer au format Word ou PDF à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Yannick Fer (yannick.fer@gsrl.cnrs.fr), Juliette Galonnier (juliette.galonnier@gmail.com), et Ana Perrin-Heredia (aperrinheredia@gmail.com).

Les auteurs recevront une notification au sujet de leur participation début octobre 2017.

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