Repentances catholiques (C. Reggio)

ReggioClaire Reggio
Repentances catholiques. L’Église face à l’Histoire (1990-2010)
Presses universitaires de Rennes, 2013, 348 p.

Présentation de l’éditeur.
Ces trente dernières années, l’Église catholique a multiplié sur des scènes nationales et internationales des demandes de pardon dont la publication s’est accélérée à l’approche de l’an 2000. Parmi elles, on relève les nombreuses déclarations de Jean-Paul II qui se lance, dès le début de son pontificat, dans une véritable croisade de la repentance, ainsi que celles d’évêques clarifiant, sur tous les continents, le rôle de l’institution ecclésiale dans les événements dramatiques de ces vingt derniers siècles. Guerres, dictatures, génocides, injustices, pédocriminalité… la liste des maux passés au crible de l’Évangile paraît interminable. L’étude de ces mea culpa est l’objet de ce livre. Elle est passionnante. Elle révèle une Église à l’écoute de ses fléchissements et de ses incohérences (un divorce entre sa manière de vivre et la foi qu’elle professe), faisant appel aux historiens pour relire les événements et se dotant d’un référentiel inédit de l’auto-dénonciation. En effet, les discours de la repentance catholique se situent au confluent d’une théologie du péché, structurée sur le fondement du péché personnel et sur celui du péché collectif (ou « structures de péché »), d’une théologie de l’Église qui établit une relation communionnelle entre l’Église d’aujourd’hui et l’Église d’hier et, enfin, d’une théologie du sujet, sensible aux droits de la personne. À l’aube du XXIe siècle, on entend l’Église catholique prêcher la réconciliation sur tous les lieux de souffrance de l’humanité. Qui a cru qu’elle avait dit son dernier mot ?

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Christianismes charismatiques à l’île de la Réunion (V. Aubourg)

christianismes-charismatiques-a-lile-de-la-reunionValérie Aubourg
Christianismes charismatiques à l’île de la Réunion
Paris, Karthala, 2014, 336 p.

Présentation.
Le christianisme charismatique s’implante à La Réunion à partir de la seconde moitié des années 60. En 1966, Aimé Cizeron, pasteur des assemblées de Dieu françaises, fonde la « Mission Salut et Guérison ». En 1974, Marie-Lise Corson, franciscaine missionnaire de Marie, introduit le Renouveau charismatique catholique dans l’île. À partir de 1983, le paysage pentecôtiste-charismatique réunionnais fait face à une série de fragmentations qui résulte principalement de divisions produites à partir des Assemblées de Dieu et du Renouveau charismatique sous l’égide de leaders locaux. L’étude minutieuse de ces multiples groupes fait apparaître un troisième type d’assemblées : indépendantes, particulièrement effervescentes et re-mobilisatrices d’éléments propres à la sensibilité religieuse créole.

Replaçant cette évolution dans une perspective plus large, l’auteure montre comment la situation socio-historique de la Réunion et les dynamiques religieuses propres aux Églises ont contribué à la formation de ces groupements charismatiques. En se penchant sur l’itinéraire de nombreux convertis circulant de groupe en groupe, elle observe comment leur expérience de conversion se décline dans le temps.

Grâce à cette exploration minutieuse, « on dispose désormais d’une vision panoramique très complète de la mouvance charismatique à La Réunion » (Bernard Boutter). Mais surtout, « elle apporte aussi de précieux éléments en matière d’analyse des processus de créolisation, des dynamiques interculturelles, des régulations du pluralisme religieux, proposant ainsi, au travers du passionnant terrain réunionnais, des outils d’analyse transposables en terrain métropolitain » (Sébastien Fath). « Bref, une plongée passionnante dans un milieu religieux et culturel complexe » (Yannick Fer).

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Les religions comme contre-cultures ? Appel à communication congrès AFS 2015

En vue du sixième congrès de l’association française de sociologie (Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, du 29 juin au 2 juillet 2015), le réseau thématique « Sociologie & religions » lance un appel à communication :

Les religions comme contre-cultures : la « nature » contre la société ?

Les mobilisations récentes contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ou les études de genre en France ont mis en évidence, derrière l’invocation de la « loi naturelle » comme point de ralliement d’une « majorité silencieuse », le glissement d’une partie du catholicisme vers une posture contre-culturelle à l’égard de certaines tendances du changement social. Malgré les attitudes politiques opposées se traduisant par les comportements électoraux antagonistes des fidèles de ces deux religions, ces mobilisations ont convergé avec celles issues de milieux musulmans, sur les mêmes thèmes. Cette contestation des normes sociales dominantes, considérées comme l’expression d’une sécularisation des sociétés occidentales à laquelle il convient de s’opposer, s’observe également en milieu protestant depuis les années 1980, à travers l’essor d’une nouvelle droite évangélique sur plusieurs continents, qui lutte contre « l’humanisme séculier » au nom de la primauté de la Bible sur les lois démocratiques. Plus globalement, l’évolution récente des sociétés contemporaines semble nourrir de nouveaux mouvements d’opposition religieuse au « progrès » ou aux idéologies dominantes, et une volonté de restaurer un ordre « naturel » dont les contours varient selon les religions et les contextes locaux.

Si la sociologie des religions s’est longtemps intéressée à la dimension utopique, voire révolutionnaire des changements religieux, ceux-ci ont plus souvent été analysés au cours des dernières décennies comme une expression des transformations sociales et économiques, notamment en lien avec la globalisation de l’économie capitaliste.

Plutôt que ces affinités entre normes sociales dominantes et systèmes religieux, nous prendrons pour objet de réflexion, à l’occasion du congrès 2015 de l’AFS, la manière dont les religions se saisissent aujourd’hui du thème de la nature pour l’opposer aux évolutions sociétales et constituer ainsi des contre-cultures. Au-delà de ces évolutions qui touchent une part significative des différentes religions et confessions, ce thème recouvre également la constitution de contre-sociétés dans le cas évidemment beaucoup plus localisé des utopies religieuses prônant un projet de vie alternatif en retrait du « monde ».

A partir d’enquêtes empiriques, il s’agira d’explorer dans différents contextes – religieux, sociaux, géographiques – les voies par lesquelles la religion tend à devenir un lieu d’élaboration de discours et de pratiques d’opposition à la « culture dominante » ou en tout cas à ce qui est vécu ou présenté comme tel. On s’interrogera évidemment sur la portée et les limites de ces représentations religieuses, en analysant de près les relations qu’elles entretiennent réellement avec les normes sociales dominantes.

Les propositions de communication doivent être envoyées le 30 janvier 2015 au plus tard aux trois responsables du réseau et doivent contenir :
– Le nom, prénom, institution de rattachement, adresse courriel, de chaque auteur
– Le titre de la proposition de communication
– Un résumé de 1 500 signes environ, espace compris, à envoyer sous format Word ou pdf aux responsables du réseau thématique.

Sélection et réponses aux auteurs : 15 février 2015

Diffusion du programme définitif : 15 mars 2015

Envoi des communications (30 000 signes) aux organisateurs : 01 juin 2015

Adresses e-mail : claude.dargent(at)sciences-po.fr ; yannick.fer(at)gsrl.cnrs.fr ; r.liogier(at)gmail.com

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