Soutenance de thèse : Encadrer l’islam dans les quartiers

Victor Albert Blanco soutiendra sa thèse en sociologie intitulée « Encadrer l’islam dans les quartiers. Une comparaison de la Goutte d’Or (Paris) et du Raval (Barcelone) au prisme des transformations urbaines », réalisée sous la direction de Claude Dargent, le lundi 20 juin à 14h30, en salle A3-317 à l’Université Paris 8 (2 rue de la Liberté, Saint-Denis). 

Jury 

Mme Marie-Hélène Bacqué, Professeure des Universités, Université Paris  Nanterre 

M Claude Dargent, Professeur des Universités, Université Paris 8 (Directeur de thèse) 

M Patrick Le Galès, Directeur de recherche, CNRS, Sciences Po (Rapporteur) 

Mme Nilüfer Gôle, Directrice d’études, EHESS 

Mme Mar Griera, Professeure des Universités, Université Autònoma de Barcelone UAB (Rapporteure) 

Résumé 

Cette thèse propose une sociologie de l’encadrement de l’islam dans des quartiers en gentrification des villes européennes. Plus particulièrement, elle s’intéresse à la forme que ce processus d’encadrement, envisagé comme l’ensemble de pratiques et de discours qui contribuent à définir et à conditionner les expressions religieuses, acquiert dans des quartiers centraux subissant une transformation urbaine multidimensionnelle et un embourgeoisement progressif de leur population. La problématique de la thèse cherche ainsi à discerner ce qui conditionne la place et les formes de mise en visibilité de l’islam dans ces espaces urbains. Dans cette perspective, les différents chapitres du manuscrit décrivent un processus au travers duquel les manifestations religieuses (lieux de culte, magasins spécialisés, commémorations et festivités publiques, expressions corporelles et vestimentaires…) sont définies et régulées dans des contextes urbains particuliers. La recherche s’appuie sur les perspectives constructivistes et critiques de la sociologie des religions, du sécularisme et de la laïcité. Nous défendons ainsi la nécessité d’observer l’ensemble des acteurs -notamment ceux dits « séculiers » – et des processus qui contribuent à définir la place de l’islam dans l’espace public européen. La thèse s’inscrit également dans le tournant « spatial » des sciences sociales et, plus particulièrement, dans les contributions qui ont traité la relation entre les manifestations religieuses et l’espace urbain. Elle prétend approfondir cette analyse dialectique en observant comment cette relation se développe dans un contexte de gentrification. Elle entend ainsi ouvrir de nouvelles pistes de recherche dans le champ des études urbaines où la question des religions a été, pour l’instant, peu abordée dans la littérature sur la gentrification. La thèse repose sur une longue enquête qualitative (2016-2019) menée sous une perspective comparative dans deux quartiers issus de contextes nationaux différents : la Goutte d’Or (Paris, France), et le Raval (Barcelone, Espagne). La collecte des données s’est effectuée à travers 67 entretiens semi-structurés, dont 34 à la Goutte d’Or et 33 au Raval. Ces entretiens ont été complétés par une approche ethnographique à travers de près d’une centaine de séances d’observation d’activités citoyennes variées dans les deux quartiers. Enfin, un large corpus de documents a été constitué et analysé (comptes rendus des conseils d’arrondissement, articles de la presse locale, brochures et matériaux associatifs variés…). Le manuscrit est structuré en 6 chapitres. Le premier a un caractère introductif et sert à présenter le cadre théorique et la méthodologie, tandis que le second présente et justifie les terrains où l’enquête a été menée. Les résultats sont disséminés à travers les 4 chapitres restants. 

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Sociologie du pentecôtisme (parution)

couvLe pentecôtisme et les courants charismatiques qui en sont issus ont fait l’objet ces dernières décennies de nombreuses publications, le plus souvent sous la forme d’enquêtes anthropologiques. Il manquait une synthèse plus systématique, des clés de lecture théoriques permettant de cerner – au-delà de la grande diversité de ses expressions locales – les principales caractéristiques sociologiques de ce phénomène religieux. Le livre de Yannick Fer, qui paraît cette semaine dans la collection 4 vents des éditions Karthala, s’appuie sur une revue de la littérature disponible et sur des recherches personnelles conduites ces quinze dernières années pour éclairer les principaux enjeux liés à la compréhension du pentecôtisme en sciences sociales.
Quelles sont les origines du pentecôtisme et comment faire la part entre le récit légendaire forgé par les pentecôtistes eux-mêmes et la réalité historique ? Comment s’opère la conversion pentecôtiste, quelle place occupe l’institution dans ce travail de transformation des existences personnelles et que recouvre exactement l’expérience pentecôtiste de la « guérison » ? Quel rôle y jouent les émotions ? Quelles relations les différents courants du pentecôtisme entretiennent-ils avec la globalisation et les cultures locales ? Et en quoi le pentecôtisme est-il aussi un acteur politique ?
L’ambition de ce livre est de faire du pentecôtisme un objet sociologique, susceptible d’éclairer les évolutions contemporaines des rapports entre autonomie individuelle, institution, autorité et engagement.

 

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Soutenance de thèse : l’enseignement privé musulman de niveau élémentaire

Diane-Sophie Girin a soutenu aujourd’hui à la Maison des sciences de l’homme (Paris), une thèse de doctorat de l’EPHE en sociologie intitulée « Des écoles comme les autres ? L’enseignement privé musulman de niveau élémentaire, entre recherche de distinction et quête de respectabilisation ».

Résumé
Depuis environ cinq ans, les controverses sur l’enseignement musulman se succèdent dans les agendas médiatiques, politiques et législatifs. Les écoles musulmanes, transformées en véritable problème public à résoudre, se retrouvent prises dans une tension entre la volonté d’être perçues comme des écoles « comme les autres » tout en s’efforçant d’affirmer une spécificité. Selon un oxymore très parlant, elles veulent être « différentes, comme tout le monde ! ». C’est cette tension que notre thèse cherche à analyser. Après avoir historicisé la catégorie école musulmane et sa construction comme problème public, cette thèse se penche sur la diversité interne au sein des établissements musulmans. À partir d’une enquête par entretiens et par observations, elle s’intéresse à la manière dont les écoles sont traversées par deux mouvements, le premier de respectabilisation, le second de distinction. Cette tension transparaît aussi bien dans les choix quotidiens opérés en classe par les enseignantes que dans les orientations des établissements à moyen et long terme. Opter pour un réglage en faveur de la distinction, voire de l’irrespectabilité se révèle coûteux pour les écoles musulmanes, d’autant plus après le passage de la loi Gatel (2018) et de la loi renforçant le respect des principes de la République (2021). À l’inverse, prendre le parti de la respectabilisation en vue d’obtenir un passage sous contrat avec l’État ne signifie pas que l’entreprise soit toujours couronnée de succès. Pour des raisons tout autant politiques qu’économiques, la contractualisation des écoles musulmanes est aujourd’hui à l’arrêt.

Jury

Valérie Amiraux, Professeure à l’Université de Montréal, rapporteure.

Kimberly A. Arkin, Professeure associée à l’Université de Boston.

Frank Frégosi, Directeur de recherche au CNRS.

Benjamin Moignard, Professeur à l’Université Cergy-Paris, rapporteur.

Philippe Portier, Directeur d’études à l’EPHE, directeur de thèse.

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