Appel à communication : Saisir les croyances

Les réseaux thématiques « Sociologie & Religions » et « Méthodes » organisent, avec le soutien de l’Association française de sociologie, une journée d’étude croisée sur le thème Saisir les croyances : méthodes et pratiques sociologiques contemporaines

Cette journée aura lieu le 12 décembre 2022 à Paris.

Argumentaire :

Dans l’histoire des sciences sociales françaises, l’étude des faits religieux a d’abord contribué, avec Durkheim et son école, à établir la spécificité et la scientificité de la méthode sociologique, en appréhendant les pratiques religieuses comme des faits sociaux et en combinant la variable religieuse avec d’autres variables qui lui sont liées, parfois étroitement.

À partir des années 1950, les faits religieux ont été à nouveau investis pour constituer cette fois un sous-champ disciplinaire spécialisé, qui a pris le nom de « sociologie des religions ». Tout en se référant à Durkheim ou Weber, dans une intention de se démarquer en particulier de la sociologie pastorale catholique dont il était issu en France, ce sous-champ s’est construit autour de la thèse d’une spécificité supposée irréductible du religieux et s’est progressivement éloigné de la sociologie générale. Si les méthodes mises en œuvre en sociologie des religions ne sont pas fondamentalement différentes, elles s’en distinguent néanmoins par une attention plus grande portée aux contenus de croyance comme clés d’explication des comportements, un rapport singulier à la réflexivité et une certaine réticence à la « réduction » du religieux au social.

L’objectif de cette journée d’étude est de revenir sur les méthodes sociologiques appliquées aux faits religieux et leur évolution et de réfléchir aux approches contemporaines mobilisables pour rendre compte des croyances et pratiques religieuses comme fait social – du point de vue des techniques (qualitatives et quantitatives) mais aussi de leurs arrière-plans théoriques. Cet objectif peut impliquer par ailleurs une relecture d’auteurs classiques sous l’angle de la méthodologie – tels que Durkheim, Mauss et leurs héritiers, Weber mais aussi Elias, Le Bras, Boudon, Bourdieu … et de nos jours Guy Michelat, Danièle Hervieu-Léger, Grace Davie, Elisabeth Claverie… La question de l’interaction des variables constituera également une composante de cette journée d’étude. Enfin, seront accueillies avec intérêt les contributions croisant la religion avec d’autres domaines des sciences sociales (sociologie politique, urbaine, rurale, de la socialisation, des mobilisations, des classes sociales etc.)

Les propositions de communication doivent être envoyées le 23 septembre 2022 au plus tard aux responsables des réseaux concernés et doivent contenir :
– Le nom, prénom, institution de rattachement, adresse courriel, de chaque auteur
– Le titre de la proposition de communication
– Un résumé de 1 500 signes environ, espace compris, à envoyer sous format Word ou pdf

Sélection et réponses aux auteurs : 30 septembre 2022

Envoi des communications (30 000 signes) aux responsables des RT : 30 novembre 2022

Claude Dargent (claude.dargent(at)sciencespo.fr), Yannick Fer (yannick.fer(at)ens.psl.eu) et Karl Van Meter (karl.vanmeter(at)ens.fr)

  • La journée d’étude se tiendra au Centre Pouchet du CNRS (Paris), le 12 décembre 2022
  • Cette journée d’étude débouchera sur une proposition de publication d’un numéro thématique adressé à la revue Socio-logos de l’AFS.
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Soutenance de thèse : Encadrer l’islam dans les quartiers

Victor Albert Blanco soutiendra sa thèse en sociologie intitulée « Encadrer l’islam dans les quartiers. Une comparaison de la Goutte d’Or (Paris) et du Raval (Barcelone) au prisme des transformations urbaines », réalisée sous la direction de Claude Dargent, le lundi 20 juin à 14h30, en salle A3-317 à l’Université Paris 8 (2 rue de la Liberté, Saint-Denis). 

Jury 

Mme Marie-Hélène Bacqué, Professeure des Universités, Université Paris  Nanterre 

M Claude Dargent, Professeur des Universités, Université Paris 8 (Directeur de thèse) 

M Patrick Le Galès, Directeur de recherche, CNRS, Sciences Po (Rapporteur) 

Mme Nilüfer Gôle, Directrice d’études, EHESS 

Mme Mar Griera, Professeure des Universités, Université Autònoma de Barcelone UAB (Rapporteure) 

Résumé 

Cette thèse propose une sociologie de l’encadrement de l’islam dans des quartiers en gentrification des villes européennes. Plus particulièrement, elle s’intéresse à la forme que ce processus d’encadrement, envisagé comme l’ensemble de pratiques et de discours qui contribuent à définir et à conditionner les expressions religieuses, acquiert dans des quartiers centraux subissant une transformation urbaine multidimensionnelle et un embourgeoisement progressif de leur population. La problématique de la thèse cherche ainsi à discerner ce qui conditionne la place et les formes de mise en visibilité de l’islam dans ces espaces urbains. Dans cette perspective, les différents chapitres du manuscrit décrivent un processus au travers duquel les manifestations religieuses (lieux de culte, magasins spécialisés, commémorations et festivités publiques, expressions corporelles et vestimentaires…) sont définies et régulées dans des contextes urbains particuliers. La recherche s’appuie sur les perspectives constructivistes et critiques de la sociologie des religions, du sécularisme et de la laïcité. Nous défendons ainsi la nécessité d’observer l’ensemble des acteurs -notamment ceux dits « séculiers » – et des processus qui contribuent à définir la place de l’islam dans l’espace public européen. La thèse s’inscrit également dans le tournant « spatial » des sciences sociales et, plus particulièrement, dans les contributions qui ont traité la relation entre les manifestations religieuses et l’espace urbain. Elle prétend approfondir cette analyse dialectique en observant comment cette relation se développe dans un contexte de gentrification. Elle entend ainsi ouvrir de nouvelles pistes de recherche dans le champ des études urbaines où la question des religions a été, pour l’instant, peu abordée dans la littérature sur la gentrification. La thèse repose sur une longue enquête qualitative (2016-2019) menée sous une perspective comparative dans deux quartiers issus de contextes nationaux différents : la Goutte d’Or (Paris, France), et le Raval (Barcelone, Espagne). La collecte des données s’est effectuée à travers 67 entretiens semi-structurés, dont 34 à la Goutte d’Or et 33 au Raval. Ces entretiens ont été complétés par une approche ethnographique à travers de près d’une centaine de séances d’observation d’activités citoyennes variées dans les deux quartiers. Enfin, un large corpus de documents a été constitué et analysé (comptes rendus des conseils d’arrondissement, articles de la presse locale, brochures et matériaux associatifs variés…). Le manuscrit est structuré en 6 chapitres. Le premier a un caractère introductif et sert à présenter le cadre théorique et la méthodologie, tandis que le second présente et justifie les terrains où l’enquête a été menée. Les résultats sont disséminés à travers les 4 chapitres restants. 

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Sociologie du pentecôtisme (parution)

couvLe pentecôtisme et les courants charismatiques qui en sont issus ont fait l’objet ces dernières décennies de nombreuses publications, le plus souvent sous la forme d’enquêtes anthropologiques. Il manquait une synthèse plus systématique, des clés de lecture théoriques permettant de cerner – au-delà de la grande diversité de ses expressions locales – les principales caractéristiques sociologiques de ce phénomène religieux. Le livre de Yannick Fer, qui paraît cette semaine dans la collection 4 vents des éditions Karthala, s’appuie sur une revue de la littérature disponible et sur des recherches personnelles conduites ces quinze dernières années pour éclairer les principaux enjeux liés à la compréhension du pentecôtisme en sciences sociales.
Quelles sont les origines du pentecôtisme et comment faire la part entre le récit légendaire forgé par les pentecôtistes eux-mêmes et la réalité historique ? Comment s’opère la conversion pentecôtiste, quelle place occupe l’institution dans ce travail de transformation des existences personnelles et que recouvre exactement l’expérience pentecôtiste de la « guérison » ? Quel rôle y jouent les émotions ? Quelles relations les différents courants du pentecôtisme entretiennent-ils avec la globalisation et les cultures locales ? Et en quoi le pentecôtisme est-il aussi un acteur politique ?
L’ambition de ce livre est de faire du pentecôtisme un objet sociologique, susceptible d’éclairer les évolutions contemporaines des rapports entre autonomie individuelle, institution, autorité et engagement.

 

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