Soutenance de thèse : Sécularisation, genre, sexualité

Marion Maudet soutiendra le lundi 9 décembre 2019, à l’Ined, sa thèse de doctorat en sociologie intitulée « Sécularisation, genre, sexualité. Des catholiques et des musulman·e·s en quête de sens (années 1970 – années 2010) »
La soutenance aura lieu à partir de 13h, salle Alfred Sauvy (133, boulevard Davout, 75020 Paris).
Le jury est composé de :
 
Céline Béraud, sociologue, directrice d’études à l’EHESS
Michel Bozon, directeur de recherche à l’Ined, chercheur associé à l’Iris (Directeur de thèse)
Sébastien Chauvin, professeur associé, Université de Lausanne
Baptiste Coulmont, professeur de sociologie à l’Université Paris 8 (Rapporteur)
Éric Fassin, professeur de sociologie à l’Université Paris 8 (Rapporteur)
Florence Maillochon, directrice de recherche CNRS, professeure associée à l’ENS
Florence Rochefort, chargée de recherche CNRS

Les paysages religieux et sexuels se caractérisent, en France, par des mutations communes, caractérisant la dynamique plus large de sécularisation de la société française. Ils sont traversés par des processus de diversification des pratiques, de pluralisation des répertoires d’action et d’individualisation des normes, tout autant que par le maintien de cadres sociaux régulant les conduites.

Le contexte religieux français est marqué par la perte d’influence institutionnelle de la religion catholique et par la diminution des appartenances catholiques, par l’importance croissante des individus ne déclarant aucune appartenance religieuse, ainsi que par l’affirmation de l’islam. Il s’agit en effet d’une religion jeune, dynamique, et souvent socialement minorée et racialisée. Ces évolutions – tout autant que l’histoire différente du catholicisme et de l’islam en France – interrogent la forte visibilité publique et médiatique d’une frange religieuse mobilisée autour de questions de genre et de sexualité. Pour mieux comprendre ces phénomènes, le travail de thèse questionne l’articulation entre genre, sexualité et religions en France depuis les années 1970, en s’appuyant sur les pratiques et représentations sexuelles des catholiques et des musulman·e·s.

L’analyse utilise deux types de matériaux : trois grandes enquêtes de population sur la sexualité en France (1970, 1992, 2006) et une sur la conjugalité (2013), ainsi que des entretiens biographiques auprès de personnes se déclarant catholiques et musulman·e·s. Le croisement de ces deux matériaux permet d’étudier, dans une perspective comparative, l’évolution des conduites sexuelles des femmes et des hommes selon leur religiosité.

Le répertoire sexuel des individus, qu’ils soient catholiques, musulmans ou sans religion d’appartenance, est diversifié et étendu. Les pratiques sexuelles se rapprochent entre catholiques et personnes sans religion (âge d’entrée dans la sexualité, masturbation, pornographie), tandis que la sexualité des musulman·e·s est marquée par des écarts de genre importants et des pratiques en lien avec leur position minoritaire dans l’espace social (comme le recours à la prostitution pour les hommes). Les représentations associées à la famille et à l’homosexualité se résument à trois grandes configurations, selon l’attachement des personnes au couple, à la procréation et à l’hétérosexualité. La religion détermine en partie ces positionnements, qui s’inscrivent toutefois dans des parcours biographiques et des expériences sexuelles plus larges.

La thèse montre de plus comment s’imbriquent les trajectoires religieuses et sexuelles des femmes et des hommes à partir de leurs parcours de vie et de leur position dans les rapports sociaux (de classe, de genre, de race). La religion apparaît, selon le contexte, comme une ressource (culturelle, sociale ou symbolique) pouvant être utilisée dans la recherche d’un·e partenaire et euphémiser ou renforcer des logiques de sélection sociale. Les entretiens éclairent les manières dont les individus s’approprient leur religion, tant dans leurs discours que dans les discours sur leurs pratiques, mais aussi les façons dont ils subjectivent les normes et les (re)constituent a posteriori, en relisant leurs expériences biographiques.

In fine, la thèse apporte des clés pour mieux comprendre le processus de sécularisation en France. La sexualité des catholiques et des musulman·e·s offre un point de vue original sur la manière dont les individu·e·s se constituent comme sujets. Elle apporte un nouveau regard sur les formes que prend la normativité sociale, dans une société sécularisée, au sein de laquelle les sources normatives sont nombreuses et peu hiérarchisées. Enfin, elle démontre que la religion renvoie à des rapports sociaux combinés, dans une société traversée par des inégalités de genre, de classe, de race et de sexualité.

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Soutenance de thèse : « La fabrique de la fin de vie » (P. Launay)

Pauline Launay soutiendra le mardi 26 novembre 2019 à 14h30 à l’Université de Caen sa thèse de doctorat intitulée « La Fabrique de la fin de vie. Ethnographie d’une Unité de Soins Palliatifs« .

La soutenance aura lieu  au campus 1, bâtiment D (Droit), salle du Belvédère (4ème étage).

Directeurs de thèse :
Dominique BEYNIER, Professeur de sociologie, Université de Caen Normandie, CERReV
Camille TAROT, Professeur de sociologie, Université de Caen Normandie, CERReV

Composition du jury :
Michel CASTRA, Professeur de sociologie, Université de Lille I, CeRIES, Rapporteur
Gaëlle CLAVANDIER, Maîtresse de conférence HDR en sociologie, Université Jean-Monet (Saint-Étienne), Centre Max Weber, UMR 5283, Examinatrice
Danièle HERVIEU-LÉGER, Directrice d’études, EHESS, CéSor, Rapporteure
Marika MOISSEEFF, Chargée de recherche, CNRS, Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Examinatrice

Résumé :

Dans un contexte de transformation du champ médical, la prise en charge hospitalière de la fin de vie devient un objet central de préoccupation dans les années 1970. La médecine palliative, qui s’institutionnalise en 1986, vise à y répondre en développant des accompagnements holistiques de la souffrance (physique, sociale, psychique et spirituelle) des patients en fin de vie et de leurs proches. Cette approche globale du soin modifie l’organisation du travail et fait primer la temporalité des phénomènes pathologiques sur leur spatialité, interrogeant l’épistémologie médicale dans son ensemble. Les Unités de Soins Palliatifs (USP), dédiées aux patients dont les traitements à visée curative ont été arrêtés, conservent une place caractéristique parmi les différentes structures palliatives. À partir d’une enquête qualitative menée au sein d’une USP, cette recherche a d’abord cherché à faire entendre la voix des professionnelles qui, bien souvent, aspirent en premier lieu à retourner le stigmate attaché à leur activité. Ce travail ethnographique s’est, en particulier, attaché à analyser la dimension spatiale des rapports sociaux. Conçu comme des dispositifs de lutte contre le « tabou de la mort » et, par là, d’annonce de la mort à venir, les USP matérialisent le temps par l’espace. Cet aménagement se double, dans les prises en charge, d’une matérialisation par les corps. Ainsi, le corps du patient devient le support autour duquel vont se tisser les liens et s’affirmer les identités. Ce faisant, les USP posent la question de la ritualité contemporaine, non pas tant par leur forme que par leur fonction. Du fait de sa position liminale, le cadavre cristallise ici des désirs ambivalents de maîtrise et de déprise. Le travail spécifique des soignantes paramédicales, de l’agonie à l’exposition post mortem du corps, est à ce titre révélateur. À travers l’analyse de leurs pratiques, l’enquête montre une résistance anthropologique, par-delà tous les changements sociologiques qui entourent les conditions de la fin de vie et les recompositions des logiques institutionnelles et de la division du travail à l’approche de la mort.

Illustration: page d’accueil Soins palliatifs du CHU Amiens-Picardie.

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Enregistrements de la journée d’étude « Religions & associations »

Affiche-journee-associations-religions-juin-2019Les enregistrements audio de plusieurs interventions de la journée d’étude « Religions & associations, qui s’est tenue le 4 juin dernier à Nanterre, sont maintenant disponibles. Pour les écouter, cliquez simplement sur « enregistrement audio ».

 

Approches sociohistoriques

Raberh ACHI. L’association, un lieu de contestation de l’ordre colonial ? Le cas des associations cultuelles musulmanes : débats et pratiques (1905-1962)
Enregistrement audio

Laure MOUCHARD.  Socio-histoire d’une entreprise collective d’aide aux populations tsiganes en France : coexistence et concurrence du phénomène associatif et des acteurs du monde catholique à partir de 1948

Conservatismes et rapports à la forme associative

Sami ZEGNANI. Le mouvement associatif de la salafiya : effets de contextes sur les formes ordinaires de l’engagement

Mélodie GAUGLIN. Traduction et appropriation des prescriptions du Saint Siège et du Conseil Pontifical de la Famille dans les associations d’éducation sexuelle et affective
Enregistrement audio

Action sociale et ancrage local

Baptiste BRODARD. Action sociale musulmane et engagement associatif: les dilemmes de l’affichage de l’identité religieuse
Enregistrement audio

Thomas CHEVALLIER. Pastorale ou lien social, même dépolitisation ? L’Église avec et contre l’État dans une association de quartier à Lille
Enregistrement audio

Vianney SCHLEGEL. De l’évangélisation à l’action sociale : la prise en charge des personnes sans-domicile par l’action sociale baptiste dans le Nord de la France
Enregistrement audio

Discussion par Axelle BRODIEZ-DOLINO. Enregistrement audio

Échanges avec la salle. Enregistrement audio

Engagements personnels et carrières militantes

Lucas FAURE. S’engager dans l’humanitaire islamique en France : quand ethos religieux, dimension professionnelle et logiques de genre cohabitent

Elodie ROS. Actualité de l’influence de la culture militante des chrétiens de gauche au sein de l’économie alternative, retour du spirituel et dépolitisation
Enregistrement audio

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