Sociologie du bouddhisme chan (Ji Zhe)

religion-modernite-et-temporaliteJi Zhe

Religion, modernité et temporalité. Une sociologie du bouddhisme chan contemporain

Paris, CNRS alpha, 2016, 348 p.

Présentation. Depuis son origine, la sociologie s’est emparée de la question de la place des religions dans le monde contemporain et explore avec passion les changements du religieux. Le bouddhisme, qui se développe dans des sociétés éloignées et diverses, constitue à cet égard un terrain fertile pour le chercheur par les possibilités de comparaisons qu’il offre.

À partir de données récoltées auprès de trois organisations chan (zen), toutes fondées dans les années 1980 mais situées respectivement en Chine populaire, à Taiwan et en France, ce livre reprend la question de la modernité religieuse sous l’angle spécifique de ses rapports à la temporalité. Dans un va-et-vient subtil entre le Temple Chan Bailin reconstruit sous le régime post-maoïste, la Société Chan Moderne fondée à Taipei dans un environnement urbain, et le Village des Pruniers, centre bouddhique international installé en Dordogne, l’ouvrage montre comment ces acteurs bouddhistes négocient des ajustements entre une temporalité moderne, à la fois réflexive, tournée vers le futur et encline au changement accéléré, et une temporalité religieuse renvoyant essentiellement à un impératif de continuité. Les réformes à l’œuvre sont ainsi analysées selon quatre dimensions : réinterprétation des lignées spirituelles, reformulation des doctrines, réorganisation des pratiques collectives et reconfiguration des rapports d’autorité.

En conjuguant rigueur de l’observation et souci théorique, cette enquête « asiatique » renouvelle avec acuité une question cardinale de la sociologie des religions.

Publié dans Publications | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Faire autorité. Appel à communications, congrès AFS 2017

logo_afs2016En vue du septième congrès de l’association française de sociologie (Amiens, du 3 au 6 juillet 2016), le réseau thématique « Sociologie & religions » lance un appel à communication :

Faire autorité : sociologie du pouvoir en contexte religieux

En lien avec le thème général du congrès 2017 de l’AFS, nous nous intéresserons à la manière dont l’autorité se construit et s’exerce dans les univers religieux. A partir d’enquêtes empiriques, il s’agira de voir dans quelle mesure l’observation objective des faits religieux peut conduire à réinterroger, d’une part, les légitimations mises en avant par les acteurs religieux eux-mêmes et, d’autre part, les représentations sociologiques les plus courantes de la légitimité, de l’autorité et du pouvoir en contexte religieux. A ce stade, les différences qui séparent les religions – et les confessions – pourront être évidemment analysées, d’un point de vue monographique ou comparatif.

Si les acteurs religieux tendent naturellement à établir leur propre autorité en référence à des sources de légitimité spécifiquement religieuses, l’un des apports de l’approche sociologique consiste à replacer ce discours dans un cadre social plus large. Cette perspective élargie doit permettre de préciser notamment les relations entre capital religieux et capital social, et les interactions entre autorité religieuse, sociale, ou politique : ce qui fait l’autorité religieuse n’est pas toujours exclusivement « religieux ». De ce point de vue, la prise en compte des variations que l’on peut constater dans le temps comme dans l’espace peut fournir des exemples suggestifs.

Le second champ d’investigation concernera l’évolution contemporaine des figures de l’autorité religieuse, en lien avec les reconfigurations plus générales des formes du pouvoir. Au-delà des typologies classiques, qui opposent par exemple charisme et institution, une analyse comparée de différents terrains religieux devrait contribuer à éclairer à la fois des permanences et des transformations, liées notamment aux dynamiques transnationales ou à l’émergence de nouvelles figures d’entrepreneurs religieux.

Cette analyse peut prendre également pour objet les modes d’exercice de l’autorité religieuse, la manière dont le religieux fait autorité, à travers notamment les formes de la contrainte ou de l’auto-contrainte, les dispositifs d’incorporation des normes et d’encadrement des pratiques, l’importance que prennent sur plusieurs terrains religieux les notions de formation, de « développement personnel », ou encore les nouveaux modes d’« accompagnement » mis en œuvre par les organisations religieuses.

Les propositions de communication doivent être envoyées le 3 février 2017 au plus tard aux trois responsables du réseau et doivent contenir :
– Le nom, prénom, institution de rattachement, adresse courriel, de chaque auteur
– Le titre de la proposition de communication
– Un résumé de 1 500 signes environ, espace compris, à envoyer sous format Word ou pdf aux responsables du réseau thématique.

Sélection et réponses aux auteurs : 28 février 2017

Diffusion du programme définitif : 15 mars 2017

Envoi des communications (30 000 signes) aux organisateurs : 01 juin 2017

Adresses e-mail : claude.dargent(at)sciences-po.fr ; yannick.fer(at)gsrl.cnrs.fr ; r.liogier(at)gmail.com

Publié dans Congrès AFS | Tagué , , | Laisser un commentaire

Femmes et pentecôtismes (collectif)

1erecouvSous la direction de Gwendoline Malogne-Fer et Yannick Fer
Femmes et pentecôtismes. Enjeux d’autorité et rapports de genre
Genève, Labor & Fides, coll. « Enquêtes », 2015, 295 p.

Présentation. Né aux Etats-Unis au début du 20ème siècle, le pentecôtisme est un mouvement charismatique et conservateur qui s’est largement diffusé depuis lors sur tous les continents, à la faveur des migrations, de l’urbanisation et de la structuration d’Eglises transnationales. Le mouvement pentecôtiste est marqué par un paradoxe fort intriguant : d’un côté, on reconnaît aux femmes une capacité particulière et remarquable à entrer en relation avec Dieu ; de l’autre, on leur refuse le plus souvent l’accès aux postes de pouvoir au sein des églises. Les auteurs analysent ainsi la place des femmes dans ces différentes églises et la manière dont le pentecôtisme façonne les rapports de genre. Ils s’intéressent aux parcours de femmes prophétesses, évangélistes, pasteures ou épouses de pasteurs et aux « mouvements de femmes » et tentent de comprendre pourquoi l’organisation et la répartition sexuée des responsabilités sont généralement plus favorables aux hommes. A partir d’enquêtes minutieuses portant sur un ensemble inédit d’églises et de mouvements pentecôtistes, les auteurs éclairent les relations entre expériences charismatiques, conservatisme moral et conditions des femmes au sein d’un des courants majeurs du christianisme mondial.

On peut consulter la table des matières en cliquant ici.

Publié dans Publications | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire