Programme du congrès AFS 2021

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Voici le programme des sessions du réseau thématique « Sociologie et religions » dans le cadre du prochain congrès de l’AFS, qui aura lieu en ligne du 6 au 9 juillet 2021.

  • Session 1, mardi 6 juillet de 10h30 à 12h30. Les transformations du métier de sociologue des religions

Discutant : Yannick Fer

Loïc Le Pape et Guillaume Silhol. Le « moment réflexif » de la sociologie des religions française entre recompositions (inter-)disciplinaires, internationalisation et précarisation

Chloé Baills, Lucas Faure, Vanille Laborde, Diane-Sophie Girin et Frédéric Strack. Changements de la place du religieux sur la scène publique : un accroissement de l’injonction à la réflexivité du chercheur ?

Corine Valasik. Le sociologue des religions et ses représentations. « Si vous étudiez la religion, c’est bien que vous être un peu croyante, non ? »

  • Session 2, mercredi 7 juillet de 9h à 10h30. Stratégies et contraintes

Discutante : Kristina Kovalskaya

Olga Lauter. Deux églises « autochtones » américaines et leur transformation lors de la pandémie Covid-19.

Nathan Jobert.  Bienfaisance religieuse et injonctions étatiques : quand l’atténuation des logiques confessionnelles renforce l’assise dans le champ religieux

Diane-Sophie Girin. La production d’un entre-soi social et religieux au sein des écoles élémentaires privées musulmanes

  • Session 3, mercredi 7 juillet de 9h à 10h30, Filmer le religieux : quelles méthodes, quels enjeux ? Avec le réseau thématique « Sociologie visuelle et filmique »

Victor Albert Blanco. Photographier l’islam : retour d’expérience

Nolwenn Briand-Delache. Penser la réception contemporaine catholique du cinéma en France

Christine Coulange, Sisygambis, Nchan Manoyan. Partage d’expérience – tournages de cérémonies rituelles à travers les religions tibétaines, soufies, musulmanes et hindoues, entre 1999 et 2021

Christine Louveau de la Guigneraye. Saint Gens, patron des fiévreux et fidèle intercesseur de la pluie et du beau temps (Jean Artaud, 1971). Valorisation d’une recherche filmique sur un saint populaire provencal

Thomas Richard. Le cinéma copte, outil d’identification communautaire

  • Session 4, jeudi 8 juillet de 9h à 10h30. Changements politiques, changements religieux

Discutant : Claude Dargent

Thierry Maire. De la théologie de la prospérité au national-évangélisme : la politique des églises guatémaltèques par le droit

Federico Carducci. Le retour du prophète et la fin de la guerre : changements religieux et reconversions politiques en Angola

Caterina Bandini. Terre et paix. Le rapport à la « terre » chez les militants religieux pour la paix en Israël-Palestine

  • Session 5, vendredi 9 juillet de 14h à 16h, Normes et conversions

Discutants : Thibault Ducloux et Hamza Esmili

Séverine Mathieu. Résister au changement : l’opposition catholiques à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA)

Amer Kheloudja. La diffusion du protestantisme évangélique en Algérie : les effets de la conversion chez les femmes kabyles

Anastasia Athénais Porret. Trajectoires de changement, recompositions et imbrication des identités religieuses, sociales et genrées chez les converties à l’islam en France et en Irlande

Corinne Torrekens et Nawal Bensaïd. Jeunes, bruxellois et musulman·e·s : identification, individualisation et négociations des normes religieuses

  • Session 6, vendredi 9 juillet e 16h30 à 18h, Genre, familles et sexualités en mutation

Discutants : Gwendoline Malogne-Fer et Victor Albert Blanco

Anne-Sophie Crosetti. Libre et responsable. organiser la sexualité dans des centres de planning familial catholique

Marion Maudet. Homogamie religieuse ou homogamie sociale ? Appréhender les changements sociaux et religieux à partir de la conjugalité

Claire Viennet. Interrogations sur la présence de pratiques pastorales envers les personnes LGBT dans des paroisses catholiques parisiennes

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Soutenance de thèse : Adoration et réflexivité en islam contemporain

Hamza Esmili soutiendra le 31 mai 2021, à l’EHESS, sa thèse de doctorat, mention Sciences de la société, intitulée « La fidélité et son reste. Adoration et réflexivité en islam contemporain ».
La soutenance aura lieu à partir de 15 heures et sera retransmise en direct via BigBlueButton. Si vous souhaitez y assister, merci d’écrire à l’adresse hamza.esmili(at)ehess.fr .

La thèse a été réalisée sous la direction de Patrick Michel (EHESS, CNRS) et de Bruno Karsenti (EHESS).

Le jury est composé de :

 
Sonia Dayan-Herzbrun, Université de Paris (rapporteure)
Souleymane Bachir Diagne, Columbia University in the City of New York
Jean-Philippe Heurtin, Institut d’études politiques de Strasbourg (président)
Stefania Pandolfo, University of California, Berkeley (rapporteure)
Alain Bertho, Université Paris 8
Bruno Karsenti, EHESS
Patrick Michel, EHESS, CNRS

Résumé de la thèse :

À l’entrelacs de la sociologie de la connaissance et de l’anthropologie historique des conduites de soi, la thèse interroge la nature du réinvestissement de la tradition islamique parmi l’immigration postcoloniale et ouvrière en France. Un premier moment de l’étude est fondé par l’ethnographie longue de la cité des Bosquets à Clichy-sous-Bois et de la mosquée en son sein. Par les entretiens répétés avec les ouvriers immigrés et leurs enfants, la consultation des archives du lieu de culte et l’observation quotidienne des interactions entre les fidèles et au-delà, il s’agit de démontrer que le procès historique de la réaffiliation religieuse est insécablement socio-théologique : l’alliance intergénérationnelle pour la constitution d’un ordre respectable en situation de marginalité urbaine est immédiatement redoublée par l’invitation réflexive à la piété individuelle. Si la réaffiliation religieuse ne rompt pourtant guère avec le procès d’individualisation moderne, l’autonomisation à l’égard des modes historiques de la tradition discursive islamique – en particulier, la jurisprudence du fiqh – a pour corollaire l’investissement redoublé de l’adoration rituelle et subjective parmi les immigrés et leurs enfants. Une telle réélaboration de l’acte religieux, que l’on nomme la fidélité, est étudiée par le biais de la formulation pratique que lui donne la prédication spiritualiste et ascétique des Frères de l’Effort. À travers le récit de la fréquentation régulière de leurs retraites prédicatives, la thèse affirme que les prédicateurs issus de la cité constituent tant l’idéalisation réflexive de la réaffiliation religieuse parmi le collectif des immigrés et de leurs enfants qu’une polarité authentiquement utopique en son sein.

Mais la fidélité est également interrogée depuis son reste relatif, que l’on identifie au phénomène des émigrations religieuses vers la Syrie révolutionnaire. Par l’enquête à la frontière turco-syrienne et en Iraq, il s’est agi d’appréhender la projection dans la séquence historique des révolutions arabes de deux régimes concurrents du théologico-politique, soit l’utopie d’une présentification hic et nunc de la « voie de Dieu » – char’ Allah – et la restauration gouvernementale lors de l’émergence de l’État islamique.

Enfin, si l’on affirme que l’immigration postcoloniale et ouvrière renouvelle par une singulière voie la tradition discursive islamique, il est simultanément interrogé les conditions de l’accueil d’une telle forme de vie au sein de la société globale.

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M. Wood, Spiritualité et pouvoir (parution)

couv-WoodLe livre de Matthew Wood, Spiritualité et pouvoir. Les ambiguïtés de l’autorité religieuse, sera en librairie le 26 mai 2021.

Il s’agit d’une sélection de textes écrits par le sociologue anglais M. Wood, traduits en français par Juliette Galonnier (ainsi que par Gabrielle Angey pour un chapitre) et accompagnés d’une introduction de Yannick Fer.

À partir de plusieurs terrains d’enquête religieux –  notamment les mouvements « New Age » et le méthodisme londonien – M. Wood a construit une sociologie de l’autorité qui éclaire à la fois les conditions concrètes d’une individualisation du religieux, de la sécularisation en Angleterre et du « retour du religieux » dans l’espace public (par le biais de politiques néolibérales de contractualisation entre pouvoirs publics et acteurs religieux).

Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l’individualisation, le déclin de l’institution et l’essor de nouvelles «spiritualités», peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d’autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l’émancipation personnelle. Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l’autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d’éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales.

Ces réflexions dessinent les contours d’une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd’hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.

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