Soutenance de thèse : Développement du protestantisme évangélique au Moyen-Orient (F. Kaoues)

eglise-abundant-life-church-FK-texte-carnets-ifpo-550x412Fatiha Kaoues  a soutenu le 1er février 2013 (mention "très honorable avec félicitations du jury") sa thèse intitulée:
Développement du protestantisme évangélique au Moyen-Orient, Liban-Égypte et évolution des relations islamo-chrétiennes.

Sous la direction de Farhad Khosrokhavar (EHESS) et de Jean-Paul Willaime (EPHE)

Résumé. Cette thèse analyse le déploiement du protestantisme évangélique au Liban et en Egypte depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. L’aventure missionnaire évangélique dans le monde musulman a commencé avec quelques individus mais a eu des conséquences majeures sur la destinée de ces peuples. Si cette entreprise a échoué à convertir les masses, elle est cependant parvenue à poser les fondements de la religion protestante au Moyen-Orient. A la fin du XIXe siècle, les missions ont eu des effets sociaux et politiques sans rapport avec le nombre de leurs convertis. En effet, le développement d’institutions scolaires et sociales et l’introduction de l’imprimerie par les missionnaires ont largement participé à l’essor de la Nahda, le réveil culturel arabe et plus tard, à la réflexion politique qui a abouti au nationalisme arabe.

Depuis  quelques années, une nouvelle phase d’évangélisation est à l’œuvre. La mouvance pentecôtiste qui connaît à échelle mondiale un très grand succès a en effet commencé à se développer au Moyen-Orient. Ce nouveau moment de développement protestant a pour singularité d’être porté par des autochtones autant que par les missionnaires étrangers, en particulier américains. Au Liban comme en Égypte, la thématique des conversions éclaire, avec une acuité particulière, la formation du lien social au-delà des appartenances primordiales, singulièrement le lien à la citoyenneté. L’étude des conversions permet de mettre en lumière l’évolution des relations islamo-chrétiennes à l’œuvre. Enfin, la thématique des conversions, les résistances et les compromis qu’elle donne à voir illustrent les mutations sociales profondes qui animent le monde arabe contemporain.

Jury.
Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’EPHE
Farhad Khosrokhavar, directeur d’études à l’EHESS
Bernadette Rigal-Cellard, professeur de littérature et civilisation nord-américaines (Bordeaux 3)
Sébastien Fath, chargé de recherches au CNRS (GSRL)
Franck Mermier, directeur de recherches au CNRS (IIAC-LAU)

Illustration: Église pentecôtiste Abundant Life Church (14 novembre 2010), Beyrouth, Photo de F. Kaoues (carnets de l’ifpo).

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La question religieuse en Chine (V. Goossaert et D. A. Palmer)

religion-chineVincent Goossaert et David A. Palmer
La question religieuse en Chine

Paris, éditions du CNRS, 2012, 500 p.

Présentation de l’éditeur.
Confucianisme, bouddhisme, taoïsme, islam, évangélisme, catholicisme, Falun Gong… Les religions investissent une Chine que l’on aurait pu croire sécularisée par des décennies de communisme. Cette vie religieuse foisonnante, loin d’être reléguée au folklore, aux marges ou aux lieux communs des anciens sages, est restée un fait social total.
Suivant cette thèse, Vincent Goossaert et David A. Palmer présentent une étude des transformations de ces religions prises dans l’histoire du siècle. En convoquant une analyse de l’idéologie d’État, des pratiques des temples et des églises, des relations internationales et des valeurs morales, ils nous invitent à comprendre les sources et les termes de la tension politique que constitue aujourd’hui la question religieuse en Chine.
Une perspective nouvelle sur la façon de penser l’articulation de la pratique religieuse avec la modernité de cette superpuissance et les problèmes qu’elle lui impose. La première étude exhaustive sur le fait religieux dans la Chine moderne et contemporaine.

On peut trouver un compte rendu de la version anglaise de ce livre, par Zhe Ji, sur le site  de "la vie des idées" et le texte du dernier chapitre est disponible sur le site de l’académie des sciences morales et politiques.

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Science et religion : appel à communication congrès AFS 2013

Dans le cadre du congrès de l’association française de sociologie, qui aura lieu du 2 au 5 septembre 2013 à Nantes, le réseau "sociologie et religions" lance un appel à communication :

SCIENCE ET RELIGION : conflit, indépendance ou continuité?

La thèse de la sécularisation inéluctable de la société est fondée sur la stricte distinction entre Foi et Raison. Le progrès de la Raison, dont l’expression sociale la plus caractéristique est la Science, se traduirait par un effacement progressif de la Foi, dont l’expression sociale la plus caractéristique est la Religion. On retrouve cette vision évolutionniste chez des anthropologues comme James Frazer ou Lewis Morgan ou chez des sociologues comme Auguste Comte, ou encore chez des philosophes comme Emmanuel Kant. Les mots et les notions peuvent varier mais le sens de l’évolution est le même : nous serions passés d’un âge d’ignorance dominé par les croyances (les superstitions, la magie, les religions, etc.) à un âge de plus en plus éclairé par le savoir (la science, la rationalité, la logique). Nous savons aujourd’hui que la réalité est beaucoup plus complexe. Les superstitions n’ont pas disparu, les religions non plus – et le recul de ces deux réalités sociales est loin d’être avéré malgré le progrès scientifique compte tenu des évolutions contradictoires auxquelles nous assistons. Nous sommes toujours très loin de l’ordre positif dominé par la science qu’annonçait Auguste Comte.

Mais, au-delà des débats sur la sécularisation / désécularisation du monde, sur la fin et /ou le retour du religieux,  ce sont les frontières entre savoir et croire, entre science et religion, qui sont aujourd’hui objets de discussion. Les discours scientifiques peuvent comporter de fortes charges religieuses. Les discours religieux peuvent avoir des prétentions scientifiques.

Nous n’entendons pas ici la science seulement au sens strict de savoir fondamental, mais nous incluons également l’ensemble de ses applications techniques (ce que l’on appelle couramment la technologie). D’autre part, la science ne se limite pas aux sciences physiques et biologiques, mais inclut également les sciences sociales et humaines .

Les interventions pourront porter :

  • Sur les évolutions comparées de la religion et de la science dans des contextes sociaux déterminés.
  • Sur les dimensions religieuses des discours scientifiques et techniques, ou sur les croyances des scientifiques eux-mêmes.
  • Sur la mobilisation d’images et de notions  scientifiques et techniques dans les discours issus d’acteurs ou de groupes religieux.
  • Sur les positions d’autorités religieuses quant à des évolutions/progrès scientifiques et/ou technologiques, ou d’autorités scientifiques à l’égard des phénomènes religieux.

Les propositions de communication (1/2 page à une page) sont à envoyer par e-mail aux responsables du réseau avant le 5 janvier 2013.

Adresses e-mail : claude.dargent(at)sciences-po.fr ; yannick.fer(at)gsrl.cnrs.fr ; r.liogier(at)gmail.com

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