Religions et frontières (publication collective)

Aurélien Fauches, Fatiha Kaues, Chrystal Vanel et Vincent Vilmain (eds.)
Religions et frontières

Paris, CNRS éditions, 2012, 230 p.

Cette publication collective fait suite au colloque international doctorant organisé par le GSRL (Groupe sociétés, religions, laïcités, CNRS-EPHE) les 2 et 3 décembre 2010.

Résumé. Longtemps, les religions ont été confinées à des espaces géographiques particuliers : christianisme en Occident, islam en Afrique du Nord et au Moyen Orient, bouddhisme en Asie, chamanisme chez les peuples dits « primitifs ». À l’heure de la mondialisation, les religions, comme les ressources marchandes et humaines, traversent les frontières. Ainsi, le bouddhisme s’exporte en France, le protestantisme évangélique est présent en Afrique du Nord et au Moyen Orient, des mormonismes se déploient de plus en plus en dehors des États-Unis d’Amérique. En dépassant les frontières géographiques, les religions renversent aussi les frontières de nos assignations identitaires et culturelles : ainsi, on peut se dire musulman et occidental, juif et noir, français et néo-chamane. Traversant les frontières temporelles et géographiques, mais aussi symboliques, les analyses de cet ouvrage nous transportent aux quatre coins du monde et nous font visiter des périodes et des croyances anciennes, comme actuelles. Leurs auteurs se défient également des bornes disciplinaires et recourent dans leurs études à des outils d’analyse scientifiques variés, empruntant aussi bien à l’histoire, à la géographie, à la sociologie, qu’à l’anthropologie.

Publié dans Publications | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Soutenance de thèse : “Manger pour croire: le halal comme incorporation d’une norme” (C. Rodier)

Christine Rodier annonce la soutenance de sa thèse qui se tiendra le jeudi 12 janvier 2012 à 14 h en salle Fustel de Coulanges au Palais Universitaire à Strasbourg.
Manger pour croire: le halal comme incorporation d’une norme. Étude transgénérationnelle de descendants de migrants berbères

     Sous la direction de la Professeure Anne-Sophie Lamine.

Résumé.
Si les liens entre l’alimentation et la religion se sont distendus dans un monde sécularisé, les pratiques alimentaires constituent encore aujourd’hui un marqueur d’identité et d’attachement à « Dieu ». C’est dans cette perspective que nous nous sommes intéressés à l’émergence d’une consommation de produits halal au sein de migrants Berbères Marocains et de leurs descendants vivant en Moselle. Notre projet s’inscrit dans une volonté de saisir cette consommation à travers un héritage à la fois familial, culturel et politique et une trajectoire propre à chaque acteur. Manger halal sera abordé ici sous l’angle d’un fait religieux comportant de multiples dimensions, à la fois collective, matérielle, symbolique et sensible. Si manger halal renvoie aux interdits alimentaires propres au système religieux de l’islam, cette pratique n’explique pas pour autant les raisons pour lesquelles un  individu respecte une prescription religieuse. En nous inspirant des approches de Michel de Certeau, de Jean-Noël Ferrié ou encore de Saba Mahmood, nous montrerons comment un individu, par le biais de l’incorporation, matérialise sa foi et construit ses appartenances. Loin d’apparaître comme une essentialisation des pratiques alimentaires, manger halal produit de nouveaux types de mangeur où le croire constitue une technique de soi destinée à créer chez l’acteur des capacités de réflexivité et d’agentivité.

Jury.
Jocelyne DAKHLIA, Directrice d’études, EHESS
Catherine DELCROIX, Professeure, Université de Strasbourg
Jean-Noël FERRIE, Directeur de recherche, CNRS
Anne-Sophie LAMINE, Professeure, Université de Strasbourg
Anne RAULIN, Professeure, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense

La soutenance est publique et sera suivie d’un pot.

 

Illustration: seybousetimes.com

Publié dans Thèses | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Thèses 2011 des chercheurs du RT 43 : Genre, rituel et politiques de l’identité juive (B. de Gasquet)

Il nous a paru intéressant de vous tenir également au courant des thèses récemment soutenues par les chercheurs du réseau “Sociologie & Religions”. Voici donc la première note de cette nouvelle rubrique.

Béatrice de Gasquet
Genre, rituel et politiques de l’identité juive. Dispositifs de socialisation dans des synagogues non orthodoxes en France
Thèse de doctorat en sociologie, soutenue à l’EHESS Paris le 21 juin 2011 (mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité).

Jury:
Leora Auslander, Professeure à l’Université de Chicago (Rapporteure)
Éric Fassin, professeur agrégé HDR à l’École normale supérieure
Olivier Fillieule, Professeur à l’Université de Lausanne (Rapporteur)
Jacqueline Heinen,  Professeure émérite à l’Université de Versailles-Saint-Quentin (directrice de thèse)
Danièle Hervieu-Léger, Directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales  (directrice de thèse)

Résumé:
Au carrefour des études de genre, de la sociologie des religions, et de la sociologie politique, cette recherche explore la dimension locale des conflits religieux sur le genre à partir du cas du judaïsme français des années 2000. Cette thèse prend pour objet la fabrique organisationnelle du genre et de l’identité juive dans les synagogues non orthodoxes, minoritaires en France, qui se caractérisent notamment par la mixité et par l’ouverture du rituel aux femmes. L’approche ethnographique est utilisée pour analyser les différents dispositifs de socialisation (comme l’organisation de l’espace, du rituel, de la prise de parole, de la formation religieuse, de la mobilisation pour le développement de la synagogue) qui contribuent à la production locale du genre. En particulier, cette thèse montre comment la perception de la division sexuée du travail dans l’organisation, l’appropriation des débats religieux sur le genre, la légitimité de mobilisations locales pour la participation des femmes au rituel, dépendent de la position de chaque organisation dans les concurrences religieuses. Dans une configuration où la place des femmes dans l’espace religieux est utilisée comme marqueur symbolique entre courants religieux en concurrence pour la définition de l’identité juive, configuration que l’on propose d’appeler plus généralement politisation religieuse du genre, la participation répétée au rituel et aux activités de la synagogue engendre un intérêt pratique pour le genre, qui se traduit notamment par une fierté égalitaire masculine et par une injonction féminine à la justification. Si les travaux sur genre et religion ont surtout abordé les contextes religieux conservateurs, cette recherche explore donc la normativité des contextes religieux égalitaires.

Illustration : femme rabbin (massorti.com).

Publié dans Thèses | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Soufisme et politique au Pakistan (Alix Philippon)

Alix Philippon
Soufisme et politique au Pakistan. Le mouvement barelwi à l’heure de la “guerre contre le terrorisme”

Paris, Karthala, 2011, 348 p.

Docteure en science politique, ATER à Science Po Aix et membre du réseau “Sociologie & religions de l’AFS”, Alix Philippon a publié en 2011 ce livre qui analyse le champ islamiste pakistanais à travers le cas du mouvement soufi barelwi.

Résumé. Etat créé en 1947 au nom de l’islam, le Pakistan est aujourd’hui pointé du doigt comme l’épicentre du jihadisme international. Mais sait-on que l’islamisme pakistanais compte dans ses rangs des soufis, les mystiques de l’islam ? Souvent perçu comme une alternative « quiétiste » et « tolérante » à un islamisme plus politiquement (voire radicalement) actif, le soufisme constitue pourtant un prisme privilégié pour appréhender les complexes dynamiques politiques au Pakistan. Au sein du champ islamiste pakistanais, c’est le mouvement barelwi qui a le plus revendiqué son appartenance à une identité soufie. Inspirées du modèle confrérique, implantées dans les centres urbains et dirigées par des leaders charismatiques, les différentes organisations barelwies ont tenté de se redéfinir en fonction des exigences de la modernité, démontrant ainsi comment la « tradition » peut se transformer en un véhicule puissant du changement et de la mobilisation politique. Ce mouvement présente néanmoins un paradoxe intéressant : défenseur sur la scène publique de l’islam majoritaire représentatif de la sensibilité religieuse de la population, les barelwis sont toujours demeurés confinés dans une minorité politique. A l’heure de la « guerre contre le terrorisme », dont le Pakistan est un État de ligne de front depuis 2001, la politisation des lignes de fractures doctrinales et la radicalisation des identités religieuses, déjà bien engagées dès les années 1980, se sont accélérées. Dans ces processus politiques et sectaires où le soufisme s’est vu plus que jamais idéologisé et où le champ islamiste s’est encore davantage différencié, le mouvement barelwi a joué un rôle émergent et ses contours ont dessiné un islamisme autre, un véritable soufislamisme, qui a su séduire le nouveau gouvernement au pouvoir à Islamabad.

Un aperçu de ce livre est disponible sur Google Livres, en cliquant ici.

Publié dans Journées d'études, Publications | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Sacrées familles !

Sous la direction de Martine Gross, Séverine Mathieu et Sophie Nizard (Préface de Maurice Godelier)
Sacrées familles ! Changements familiaux, changements religieux

Editions Eres, Toulouse, 2011. 264 pages.

Résumé. Les transformations des formes conjugales et familiales (couples mixtes, familles recomposées, adoptives, monoparentales, homoparentales) et les avancées scientifiques en matière de procréation interrogent les modèles normatifs, juridiques, religieux ou politiques ainsi que les représentations sociales, les pratiques religieuses et le fonctionnement des institutions.
A travers leurs travaux au croisement du religieux, du genre, de la sexualité et de la famille, des chercheurs en sciences sociales et humaines montrent comment les individus, les institutions religieuses et les autres acteurs sociaux (politiques, juridiques, médicaux, médiatiques…) agissent et interagissent.
En dépit de l’évolution des idées, des pratiques et des techniques, la dissociation entre filiation et engendrement n’est pas encore complètement entrée dans les représentations sociales. En témoigne le statu quo sur lequel a débouché la révision des lois de bioéthique en 2011, notamment en maintenant l’anonymat des dons de gamètes, l’interdit du recours à la grossesse pour autrui et l’accès à assistance médicale à la procréation aux seuls couples hétérosexuels.
La référence récurrente à la « nature » dans le droit, dans les pratiques et les imaginaires collectifs, relève de la sacralisation des liens biologiques. A certains égards, la référence au biologique et le discours religieux puisent au même réservoir de sens. Cette dimension symbolique nous donne ici à penser.

Pour voir la table des matières, cliquer ici.

Ont contribué à cet ouvrage collectif : Joëlle Allouche-Benayoun, Laurent Barry, Céline Béraud, Anne Cadoret, Nicoletta Diasio, Stephen Hunt, Aymon Kreil, Ruth Landau, Gwendoline Malogne-Fer, Ruwen Ogien, Salvatore D’Onofrio, Philippe Portier, Amélie Puzenat, Irène Théry.

Nb. A noter, dans ce même domaine des recherches sur les relations entre religions et éthique sexuelle ou familiale, le séminaire “Identités et pratiques homosexuelles dans le judaïsme, le christianisme et l’islam contemporains” animé par Martine Gross et Florence Blackler à l’EHESS (présentation, programme et comptes rendus sur le site du séminaire).

Publié dans Publications | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Publications des chercheurs du RT 43 : Médecines parallèles et cancer (A.-C. Begot)

Nous inaugurons avec cette note une nouvelle fonction de ce site : faire connaître les publications des chercheurs du réseau “Sociologie & Religions”. Le livre présenté ci-dessous, s’il ne traite pas du religieux au sens strict, ouvre néanmoins des pistes de réflexion susceptibles d’intéresser les sociologues habitués à observer sur de nombreux terrains les entrecroisements entre pratiques thérapeutiques, spiritualités contemporaines et  santé.

Anne-Cécile Begot
Médecines parallèles et cancer
L’Harmattan, Paris, 2010.

Ce qui est communément désigné par « médecines parallèles » est une construction sociale qui, au regard d’une analyse sociohistorique, permet de rendre compte des rapports de force au sein du champ des soins de santé. A partir de cette analyse et d’une étude de terrain menée auprès de personnes touchées par le cancer et ayant recours aux « médecines parallèles », on a cherché à dégager les usages sociaux de ces médecines, le sens qu’elles recouvrent, et les démarches dans lesquelles elles s’inscrivent (alternative, complémentaire,…). Les pratiques thérapeutiques non conventionnelles ne peuvent être envisagées indépendamment de la pathologie qu’elles sont censées traiter (cancer), de ses représentations et de ses caractéristiques (chronicité, caractère létal) mais aussi, plus globalement, de la place qu’elles occupent dans l’univers de soins des individus.
Cette étude a été financée par l’Institut National du Cancer (INCa) et menée dans le cadre d’un laboratoire CNRS-ÉPHÉ (Centre National de la Recherche Scientifique et École Pratique des Hautes Études), le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL).

Un compte rendu de ce livre est disponible sur le site de la revue Lectures, en cliquant ici.

 

Anne-Cécile BEGOT est sociologue au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (laboratoire CNRS/ÉPHÉ et enseignante à l’Université Paris- Est Créteil (UPEC) au département SESS (sciences de l’éducation et sciences sociales).

Publié dans Journées d'études | Tagué , | Laisser un commentaire

Mutations religieuses et changements sociaux (congrès AFS)

Voici le programme des sessions organisées par le réseau “Sociologie & religions” dans le cadre du prochain congrès de l’association française de sociologie (du 5 au 8 juillet 2011 à Grenoble), autour du thème “mutations religieuses et changements sociaux“.

- Session 1. Mardi 5 juillet, de 14h30 à 16h30. [Animateur : Y. Fer]
Religions urbaines, entre espace privé et espace public
Hadrien Munier, « L’immigration haïtienne et l’implantation de la pratique vodou à Montréal ».
Tiago Salema Neves, « Invocations thérapeutiques du sacré dans un espace public autour de la figure d’un saint guérisseur – le cas du Docteur Sousa Martins à Lisbonne ».
Mamadou D. Diallo, « Islam et espace public dans un district de Bamako : pratiques sociales et reconstructions identitaires en œuvre ».
Kae Amo, « Réflexions autour des “néo-confréries” au Sénégal : nouvelles identités politico-religieuses ».

- Session 2. Mardi 5 juillet de 17h à 19h. [Animateur : C. Dargent]
Mesurer le changement religieux
Ingrid Tucci, « La religiosité des immigrés et de leurs descendants en Allemagne : facteurs explicatifs et effets sur le processus d’intégration ».
Sarah Wilkins Laflamme, « Les données ecclésiales normalisées par des données démographiques : avantages et inconvénients d’une technique peu employée en sociologie des religions ».

- Session 3. Mercredi 6 juillet de 14h30 à 16h30. [Animateur : C. Dargent]
Religion, radicalité, conflictualités et dialogues
Elsa Deléage, « La judiciarisation des faits religieux. L’évolution des rapports entre droit et faits sociaux religieux ».
Françoise Naas, « Les Mennonites français à l’épreuve du 19ème siècle ».
Anne-Sophie Lamine, « Dimensions du croire : radicalisation et affrontements, à partir de deux cas empiriques, religieux et anti-religieux ».
Benoît Petit, « Validation du croire dans l’interaction ».

- Session 4. Mercredi 6 juillet de 17h à 19h. [Animateur : R. Liogier]
Religion, générations et héritages
Claire Donnet, « Un religieux englobant ? Etude de l’investissement religieux de jeunes musulmans en association de quartier ».
Christine Rodier, « Le halal et la norme : entre traditions et innovations ».
Fatiha Kaues, « Musulmans disciples de Jésus, les enjeux sociologiques d’un mouvement ».

- Session 5. Jeudi 7 juillet de 14h30 à 16h30. [Animateur : R. Liogier]
Réseaux, religions globales et circulations
Alix Philippon, « Le développement d’un soufisme occidentalisé au Pakistan ».
Katrin Langewiesche, « Hors du cloître et dans le monde. Religieuses africaines et européennes en réseaux ».
Julie Humeau, « Don bouddhique et exil, le cas des Tibétains réfugiés en Inde ».

- Session 6. Vendredi 8 juillet de 13h30 à 15h30.
Assemblée générale du réseau

Publié dans Congrès AFS 2011 | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire