(Parutions) Sociologie de la conversion & théorie vs. données empiriques

Plusieurs publications ont contribué ces derniers mois à renouveler la réflexion sur l’analyse sociologique des religions, autour de la notion de conversion et à travers un réexamen critique de plusieurs notions dominantes en sociologie des religions.

La conversion et ses convertis, livre collectif (édité par Jean-Philippe Heurtin et Patrick Michel (Politika), est issu du séminaire « Approches contemporaines de la conversion », qui s’est tenu à l’EHESS de 2015 à 2019. Les onze contributions du livre permettent d’interroger la définition dominante de la conversion, comprise comme moment de rupture instantanée, totale et intime, en associant l’analyse de la conversion en contexte religieux à celle de formes analogues observables hors du champ religieux proprement dit – dans le domaine politique (conversion ou déconversion au communisme), ou à propos du végétarisme par exemple. Plus qu’une étude de la conversion religieuse, il s’agit comme l’indique le sous-titre du livre d’explorer la « production et l’énonciation du changement dans le monde contemporain ».

Le numéro 124 de la revue Genèses, intitulé « (Se) convertir », coordonné par Gabrielle Angey, Yannick Fer et Martial Vildard, s’inscrit dans une perspective similaire en appréhendant la conversion à travers la notion plus large de transformation biographique et comme une mesure de l’autonomie individuelle et de ses conditions sociales. Les quatre articles de ce numéro se penchent plus spécifiquement sur les ressorts de cette transformation biographique, en replaçant au coeur de l’analyse la socialisation et le rôle de l’institution, pour rendre compte notamment des transformations des formes de l’autorité qui visent à concilier expérience subjective de l’autonomie et légitimation du travail institutionnel de resocialisation.

Le numéro 2021/2 de L’Année sociologique, intitulé « Sociologie et religion. Théorie versus données empiriques », coordonée par Claude Dargent, confronte quant à lui plusieurs théories dominantes en sociologie des religions à l’épreuve des données empiriques. Il revient notamment sur la théorie de la sécularisation, sur la notion d’institution ou d’autorité charismatique en sociologie des religions, et à nouveau sur la compréhension sociologique de la conversion.

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